La collection « Aube » est dédiée à la découverte et à la valorisation de nouvelles plumes. À travers cette collection, ER projette d’offrir aux lecteur·trices de nouveaux souffles littéraires empreints d’émotion et d’inventivité. À travers cette collection, ER ambitionne surtout de tisser de nouveaux liens entre auteur-trices et lecteur-trices.
Éditions Repérage : Ton occupation préférée ? J’aime écrire pour une raison simple, je réfléchis mieux quand j’écris. Et la réflexion, c’est se donner du temps pour visiter et revisiter ses opinions, ses croyances, ses connaissances. De fait, puiser en soi, c’est beau et moi, j’écris aussi pour sacraliser la beauté. ER : Ce que tu voudrais être ? Je songe assez souvent à ce que je voulais être. Dans un premier temps, l’idée de devenir ingénieur me fascinait avant d’être attiré par les sciences économiques. Maintenant, je vois plus clair, je caresse le rêve de devenir écrivain pour raconter le réel d’une façon bienveillante, pour inviter l’autre à découvrir des tableaux de tendresse, de tristesse, de bonheur... C’est dans cette logique de découverte que je voudrais être animateur de radio. Je suis assez prétentieux en ce sens. Je crois avoir les meilleurs goûts musicaux, c’est peut-être stupide de le dire comme ça, mais j’y crois fermement. Je voudrais faire d’autres expériences musicales et me livrer aux autres, leur présenter mon univers et pourquoi ne pas m’essayer aux leurs. ER : Ton principal défaut ? Je suis calme. Certains disent que je suis trop gentil, ils exagèrent en ce qui me concerne. Je pense que ma gentillesse me fait défaut quand on vit dans un monde où respecter l’autre n’est pas la règle générale. J’essaie de changer ma peau d’agneau en loup mais je n’ai pas encore réussi. ER : La qualité que tu préfères chez une femme ? J’ai appris un peu tard qu’il n’y a pas de bon vent pour celui qui ne sait pas où il va. La dure réalité du monde est que la majorité des femmes ne sont pas maîtresses de leur destin. De plus, on décrit les femmes comme des êtres capricieuses et indécises, c’est pourquoi je préfère celles qui sont libres et qui savent exactement ce qu’elles veulent. ER : Le pays où tu désirerais vivre ? Le Québec, c’est le pays où je désirerais vivre pour une raison assez banale. J’ai une amie qui vit au Québec, mon nom est souvent sur ses lèvres et a été au moins porté une fois sur celles de ses enfants et petits-enfants. J’habite cette province du Canada à travers sa pensée, ses yeux et ses souvenirs. ER : La commune d’Haïti où tu désirerais vivre ? Je suis allé à Jacmel trois fois déjà. La poésie de cette ville est si pure. Vous avez sûrement regardé le film « la peur d’aimer » de Reginald Lubin. Ce film m’a dédicacé la flamme poétique de cette commune. Je me souviens de la réplique de Reginald Lubin où il récite ces vers d’un poète de la ville : Jacmel au clair de lune, me voici transporté dans un monde nouveau, grâce à vous astre d’or…. Carrefour ne se différencie pas de Jacmel en termes de poésie même si elles ne sont pas dans le même registre. J’aime son hospitalité et je crois que ce n’est pas un hasard si je me suis déjà rendu là-bas à trois reprises. Je pense que Jacmel m’attend. Et puis, mon père a vécu là-bas pendant un certain moment. Mon deuxième petit frère est de Jacmel. ER : Tes auteurs favoris en prose ? Dany Laferrière est un écrivain que j’admire. À mon sens, son écriture est ce qu’il y a de plus naturel et authentique. J’ai comme l’impression que celle-ci n’est point travaillée ou retouchée. Je consomme sans modération Dany sur YouTube, je me plains de ne pas le lire assez. Mackenzy Orcel, c’est à travers « Les latrines » que je le découvre. Une vraie merveille. La force et la profondeur de cette histoire m’inviteront à le suivre. Après L’Étranger d’Albert Camus, Les Latrines est ce livre qui m’aura le plus marqué. ER : Tes poètes préférés ? Dans la nouvelle génération, je suis marqué par le style de Jean D’Amérique. Son écriture m’influence à un certain niveau. Sa poésie, un lieu de résistance. Elle est autant libre que moderne. James Noël, je le considère comme le parrain de ma poésie, j’ai lu Le sang visible du vitrier qui m’a donné soif de par la puissance de son verbe. Sa poésie est assez classique et riche en images mais aussi très liée au réel. Georges Castera, je crois que c’est le poète le plus connu et le plus emblématique. Qui se dit être un fervent de la poésie et n’a pas déjà récité : " Je n’appartiens plus au temps des grammairiens mais à celui de l’éloquence... Aime-moi comme une maison qui brûle ». ER : Tes peintres favoris ? Je n’ai pas de peintres favoris pour dire vrai. Je connais seulement quelques grands noms de la peinture haïtienne et universelle. J’ai déjà vu quelques-uns de leurs travaux mais rien de plus. ER : Tes héroïnes dans l’histoire d’Haïti ? Pour ce qui est des héroïnes de l’histoire d’Haïti, je les ignorais comme la majorité des Haïtiens. Toutefois, l’œuvre Opéra poussière de Jean D’Amérique m’a ouvert les yeux sur nos héroïnes et principalement sur Sanite Suzanne Bélair qui était une des guerrières aux côtés de nos héros. ER : Tes héros dans l’histoire d’Haïti ? Boukman, le premier parce qu’il fait partie des pionniers dans le processus de rassemblement des esclaves. Jean-Jacques Dessalines, je l’admire pour son entêtement, il ne rêvait que de liberté. Henry Christophe est le plus grand visionnaire qu’ait connu le pays de manière concrète. Si vous vous rendez au Cap-Haïtien, vous sentirez sa présence à travers les habitants. Je l’ai sentie quand je me suis rendu là-bas en décembre 2021. Toussaint Louverture donne la preuve qu’il n’est jamais trop tard pour se construire, cela devait être dur d’apprendre à lire à 40 ans. ER : Les personnages historiques que tu méprises le plus ? Je méprise les tyrans de l’histoire comme : Hitler, Staline, Duvalier père et fils. Par ailleurs, j’ai méprisé les discours du défunt président Jovenel Moïse qui prônaient la réunion de l’eau, du soleil, de la terre pour sauver le pays. Il a manqué de respect aux paysans, au roman de Jacques Roumain Gouverneurs de la rosée. Au plus haut niveau, il a manqué de respect à la nature même. ER : Tes héros dans la vie réelle ? Odeline Metellus : Mon soleil. Jean Eddy Pascal : Ce monsieur, le défunt directeur du collège Eddy Pascal, m’a appris à avoir foi en l’humain et aussi l’importance d’être juste dans la vie. Joubert Joseph : J’ai connu le poète sur Facebook, à l’époque je publiais abondamment des textes sur les réseaux et sur mon blogue guyvecohaiti.blogspot.com. C’est lui qui m’a fait comprendre que la poésie a évolué et qu’on ne tenait pas à obéir aveuglément aux règles de la versification. Il a sauvé ma poésie. Auparavant, je restais bloqué certaines fois en cherchant à rimer deux vers. Deva Docima Dorsainvil : est mon défunt prédicateur et fondateur du mouvement judéo-chrétien dénommé MJPP (Miséricorde-Justice-Paix-Puissance). À travers l’histoire de sa vie qu’il se plaisait à raconter, il m’a appris à vivre. Ses discours et prédications ont grandement participé à ma formation spirituelle et intellectuelle. ER : Le don de la nature que tu voudrais avoir ? À Petite Rivière de Nippes, ville de province dont ma grand-mère est originaire, j’y allais pour passer les vacances d’été durant mon adolescence. Un peu à l’ouest de notre habitation, l’eau coulait de manière abondante. Elle faisait l’objet de nombreux usages mais on la buvait rarement. On pouvait la sentir depuis le haut de notre maison. Depuis quelques années, l’eau a oublié de passer par ce chemin. Pour voir l’eau couler, on doit se rendre à Anse-à-Veau. Les habitants attendent la pluie pour arroser leur jardin. Une pluie qui tarde souvent à arriver. Il n’y a pas de Manuel à Petite Rivière de Nippes. J’aimerais faire revenir l’eau si je le pouvais. ER : Ton rêve de bonheur ? Comme j’ai l’habitude de le répéter, je vis mieux quand je n’ai pas d’argent. Je pourrais vivre dans un pays où l’État me distribue la nourriture, les vêtements, un logement, et les autres choses vitales pour assurer mon train de vie, je peux même travailler sans recevoir un salaire. Mon tableau de bonheur serait celui-là, vivre dans un pays où l’argent est complètement absent. ER : Quel serait ton plus grand malheur ? Dans la vie, je crois que le malheur peut succéder à la beauté. Mais il me serait difficile d’avoir le poids de la mort de quelqu’un sur ma conscience. Ce serait insupportable pour moi. ER : Comment aimerais-tu mourir ? Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise mort sauf que je ne souhaiterais pas que ma souffrance conduise à ma mort. Je me suis évanoui une fois, ce qui me fait penser qu’une mort subite causerait trop de peine à ceux qui m’aiment. Même étant malade, je voudrais être bien dans ma peau au moins 24 heures avant que je meure et ceci dans mon lit tranquillement en gardant les yeux ouverts.
j’ai voulu t’offrir un baiser tu l’as refusé à la place je t’offre ce poème larmoyant femme feu cœur miroir fragile j’envie tous les vents bohèmes qui ont pris ta bouche d’assaut pardonne-moi madame de t’avoir offert un baiser ta bouche en mérite mille madame pardonne-moi d’être trop gluant maladroit c’est que ma bouche est en panne de tes baisers
pour tes livres lumières tes poèmes mi-ronces mi-roses tes femmes jardins Hadriana, ombre de mes fantasmes juvéniles Isabella, arrière-plan de mes rêves libertaires merci, Depestre merci, Depestre pour Jacmel, ton amour éternel Haïti que tu aimes chantes poétises avec le charme d’un adolescent en chaleur pour tes luttes avortées tes exils redondants ton amour à distance je te dis merci Depestre je te demande pardon aussi, Depestre malheureusement nous n’avons pas pu épouser ton culot pour gifler ceux qui prostituent leur métier d’homme ils sont trop nombreux ces proxénètes métamorphosés en cannibales (qui nous mangent à petit feu) pardon, Depestre, pour avoir falsifié ton mot d’amour : HAÏTI puissent tes étincelles continuer d’éclairer nos pas de danse à la conquête d’un renouveau Gabynho
son lanm lanmè – yon j èn ansent karese tibebe ki poko fèt li kokiy lanmè – ti dwèt pitit mwen an touche sot pase a liv an bray – yon timoun manyen dousman mo limyè a yon loup – timoun nan ak f oumi an gade youn ak lòt lari banlye – timoun yo pataje vòl yon sèl kap ansyen pon an – yon timoun refw adi pye l nan nyaj yo douvanj ou prentan – men yon timoun sou fenèt lopital la leson sou lagè – nan je ble timoun nan yon planèt trankilite anivèsè – vye drapo papa m al jwenn pitit mwen an timoun alantou dife a – pawòl vye granmoun lan pase nan limyè a Otè: Tara Eduard ----------------------------- Tèks sila a te ranpòte twazyèm pri konkou pwezi #TimounSeMoun (2024) ki òganize sou lobedyans òganizasyon Action Communautaire de Transformation et d'Intégration Formelle (ACTIF)
Éditions Repérage: Ton occupation préférée ? Floriyo Jean Grégory: La lecture et l’écriture poétique ce sont les choses auxquelles je m'accroche le plus depuis quelques temps, c’est aussi mon lieu de refuge quand les problèmes existentiels me tourmentent. ER: Ce que tu voudrais être ? JFG: Puisque la philosophie m’attire grandement, je voudrais être philosophe. Je n'espère pas que c'est trop tard. Rire ! ER: Ton principal défaut ? JFG: La peur d’échouer. Je n’aime pas tenter quelque chose et ne pas le réussir ; cela peut m’effondrer pendant un certain temps. ER: La qualité que tu préfères chez une femme ? JFG: J’aime beaucoup les femmes intelligentes et studieuses. Je ne crois pas qu’on puisse exiger plus d’elles. ER: Ce que tu apprécies le plus chez tes amis ? JFG: Le respect mutuel. On ne peut pas parler d’amitié sans cela, d’ailleurs. ER: Le pays où tu désirerais vivre ? JFG: Avant, c’était la France. Aujourd’hui, c’est le Canada qui m’attire le plus. ER: La commune d’Haïti où tu désirerais vivre ? JFG: Parmi toutes les communes du pays, Jacmel est celle que j’aime le plus,après Carrefour, bien sûr pour ses lieux touristiques et ses montagnes verdoyantes, surtout. ER: Tes auteurs favoris en prose ? JFG: Ils sont nombreux. Je vous en cite quelques-uns: Kettly Mars, Yannick Lahens, Guy des Cars, Albert Camus, Lyonel Trouillot, Justin Lhérisson. ER: Tes poètes préférés ? JFG: Il y a tellement de poètes que j’admire ; je n’aime pas me retrouver dans une situation où je dois faire des choix. En tout cas, il y a: Paul Éluard, Davertige, Frankétienne, Marc Exavier, Pablo Neruda, Magloire Saint-Aude. ER: Tes peintres favoris ? JFG: J’aime tout court les œuvres picturales réussies, mais je n’ai pas vraiment de peintres favoris. ER: Tes héroïnes dans l’histoire d’Haïti ? JFG: Parmi ces héroïnes, il y en a trois que j’adore pour leur bravoure particulièrement: Sanite Bélair, Catherine Flon, Marie-Jeanne. ER: Tes héros dans l’histoire d’Haïti ? JFG: J’ai beaucoup de respect pour nos héros, c'est grâce à leur sacrifice qu'on a cette terre comme héritage. En fait,mes préférés sont: Jean-Jacques Dessalines, Henri Christophe, Charlemagne Péralte. ER: Les personnages historiques que tu méprises le plus ? JFG: Il n’y en a qu’un seul, et c’est : Alexandre Pétion. Celui-ci est un traître, et les traîtres, je ne les tolère plus. ER: Tes héros dans la vie réelle ? JFG: Si j’avais mille choix à faire, ces mille choix se porteraient sur ma mère et sur personne d’autre. ER: Le don de la nature que tu voudrais avoir ? JFG: Le don de guérison.Surtout si je dois tenir compte des problèmes de santé publique actuels dans le pays, avec le dysfonctionnement du plus grand centre hospitalier (HUEH). ER: Ton rêve de bonheur ? JFG: C’est de pouvoir vivre dans la tranquillité, où que je sois. Sans tranquillité, il n’y a pas de bonheur possible, à mon avis. Et avoir toujours la capacité de faire ce que j’aime le plus : écrire de la poésie sans m’être fatigué. ER: Quel serait ton plus grand malheur ? JFG: C'est de ne pas pouvoir réaliser tous mes rêves d’enfant. Les problèmes sociopolitiques ont vraiment tout chamboulé. ER: Comment tu aimerais mourir ? JFG: J’en ai déjà fait la demande. Je ne sais pas si elle sera exaucée. J’aimerais mourir dans mon lit, sans aucune souffrance… après avoir écrit un dernier poème, bien sûr. Rire!
Lè n ap suiv kontèks enonsiyasyon ki mennen nou fè yon bèl ti vwayaj nan Zantray, Blondy Wolf Leblanc AKA Gabynho suiv menm chemen Émille Célestin-Megie, Jean-Marie W. Denis (Jan Mapou), Raoul Altidor, Manno Ejèn…te trase pou mete fòm literè ki rele ‘’Nouvèl literè’’ a sou yon pyedestal nan lang ayisyen an. Yo toujou di, zantray yon moun se tatawèl, bizawèl, tant ak tantin avèk tout rès kòd lonbrit li yo k ap benyen nan enèji lavi li. Oudimwens, tout rèv li te konn viv depi lè l potko vini sou tè a pa lantremiz zansèt li yo epi li vin kontinye ap viv toujou nan yon lojik metanpsikoz. Ebyen, tripotay lakay, desepsyon nan lanmou, dezimanizasyon, lekti ankouraje, senkretis, tolerans nan fanmi an, rèv, fantas, kochma, kadejak, trayizon, irasyonalite elt, se tout tematik sa yo nou jwenn k ap bouyi nan Zantray pa Gabynho a nan yon langaj chèlbè k ap pouse lektè yo viv ilizyon literè a pi dous toujou e ki pèmèt tou nou gade lavi nan lonnvi k ap trimen nan bave yon sosyete an pouriti. Douglas Zamor, Powèt
Éditions Repérage: Ton occupation préférée ? Jean Rony Charles: Ecrire. C'est la seule chose que je peux faire durant des heures et ne jamais m'en lasser. ER: Ce que tu voudrais être ? JRC: En parallèle de ma carrière d'écrivain, j'aimerais bien être réalisateur. C'est l'un de mes plus grands rêves. ER: Ton principal défaut ? JRC: J'ai un talent exceptionnel pour la procrastination. Jusqu'ici aucune méthode n'a su m'extirper de ce pétrin comique. J'ose croire que je mourrai le lendemain de la date de mon décès. ER: La qualité que tu préfères chez une femme ? JRC: La vertu. De mon point de vue, cela englobe tout le reste. Une femme qui se respecte a priori. Avec ce genre de femmes, il n'y a qu'une crainte à avoir : ne pas être à la hauteur. ER: Ce que tu apprécies le plus chez tes amis ? JRC: Il y en a trois : chez l'un, le sens de responsabilité ; l'autre, son intelligence ; enfin, l'empathie qui caractérise le dernier. ER: Le pays où tu désirerais vivre ? JRC: Le Canada. ER: La commune d'Haïti où tu désirerais vivre ? JRC: Heureusement j'y suis né ! Carrefour est mon foyer. J'aimerais bien y vivre pour toujours et contribuer à lui rendre sa renommé d'antan. ER: Tes auteurs favoris en prose ? JRC:Dany Laferrière, Gary Victor, Danielle Steel, Peter Straub. On ne lit pas leurs ouvrages : on se téléporte dans leurs univers. A mon avis c'est l'une des plus incroyables expériences qui puisse exister. On sort de leurs romans avec l'impression d'avoir vécu l'histoire entière aux côtés des protagonistes. Et à tout moment on se remémore une scène avec la nostalgie d'une époque vécue dans le temps avec de vieux amis. ER: Tes poètes préférés ? JRC: Je n'en ai pas particulièrement. Mais j'ai eu la chance de lire Rimbaud, Baudelaire, Shakespeare, et cela a été une expérience lumineuse. Ce sont des poètes que l'on croise une fois, au carrefour d'une œuvre, et dont le visage ne s'efface jamais. ER: Tes peintres favoris ? JRC: Des peintres comme Pablo Picasso et Leonard De Vinci m'intriguent. Je les admire beaucoup. Je me demande parfois s'ils ont pu atteindre une telle grandeur dans l'histoire en étant entièrement humains. Je ne pense pas être complotiste, mais je donnerais ma main à couper que ceux-là étaient des illuminés. ER: Tes héroïnes dans l'histoire d'Haïti ? JRC: Toutes les femmes qui ont risqué leur vie pour engendrer la révolte des esclaves sont des héroïnes. Leur contribution était essentielle, voire indispensable dans la lutte pour l'Indépendance. Je découvre leurs exploits avec admiration et révérence à travers les livres d'histoire. *Tes héros dans l'histoire d'Haïti ?* Tous ceux qui avaient scandé "Liberté ou la mort" avec conviction. J'admire les Pères de l'Indépendance, mais je me garde de hiérarchiser le symbole ultime de ces sacrifices qui ont ouvert la voie à l'un des plus incroyables exploits de tous les temps. *Les personnages historiques que tu méprises le plus ?* Jean-Baptiste Conzé ! Quand je vois un Haïtien trahir sa patrie au profit de ces étrangers qui ont béni notre déshumanisation, je me dis : "celui-là est un digne fils de Conzé". J'ai une grande aversion pour lui et ses descendants ! *Tes héros dans la vie réelle ?* Ceux qui luttent pour la vie malgré tout. Ces gens qui ont toutes les raisons du monde pour abandonner mais qui s'obstinent à voir le bon côté des choses. *Le don de la nature que tu voudrais avoir ?* Celle de panser les plaies du cœur et de rafistoler les vies brisées en mille morceaux. On ne se rend pas compte de la douleur que certaines personnes endurent au quotidien. Et lorsque l'on se rend compte de cela, l'indifférence finit souvent par l'emporter malheureusement. J'aurais aimé avoir le don d'insuffler l'espoir et la joie de vivre dans le cœur de ceux qui en ont besoin. *Ton rêve de bonheur ?* Transformer littéralement ma communauté, m'asseoir avec mes amis d'enfance autour d'un verre et leur dire : "Vous voyez ? Je vous avais bien dit que nous pouvons changer la face de notre communauté. Voilà le résultat ! *Quel serait ton plus grand malheur ?* Mon plus grand malheur serait de devenir les démons que je traque. Jamais, et quelqu'en soit le motif, je ne voudrais devenir l'ennemi de ma patrie. *Comment tu aimerais mourir ?* Je ne veux pas y penser. Cela viendra au moment opportun. En revanche je dois profiter de la courte vie dont je dispose et en faire un rayon lumineux pour les autres.